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22.08.2006
Calahan, vieille couille molle, t'as plus la niaque !
(… ou chroniques d'un quartier insomniaque)
en ce moment, je ne dors pas très bien depuis 20 ans.
à ce rythme, je vais vraiment finir sur les dents.
sommeil plus que léger, chahuté de chaos internes à purger vite et bientôt, retournements de situations géographiques sur mon lit et plus si déclivité, je n'arrive plus à me lever tôt, tout ça faut le pallier, le boulot s'entasse rapido dans ma tête et sur mon bureau.
roulées en boules de poils, en petits tas sur les draps, les chattes tentent de coordonner ce bordel sismique à coup de ronronnements et petits ronflements rassurants.
hier soir, je me suis couchée tôt… mais pas longtemps.
4h39.
bruits dans le jardin.
sursaut des félines, flippées, les griffes me pénètrent la peau, piquée au vif, je suis réveillée.
passées les 20 secondes de flottement hagard, je me lève aussi, dare-dare.
jardin sud.
- "vas-y, p'tain ! qu'est-ce tu fous ?!?"
- "elle est fermée la porte, j'te dis ! ma parole t'es une pute !"
- "y'a d'la lumière ! y'a d'la lumière !"
- "y'a pas d'lumière ! t'es chéper !"
- "vas-y ! on s'en bat les yeuks ! passe passe, gros relou !"
dans ma tête : puta mierda ! j'aurai pas dû allumer ! éteinds, Agla, mais éteinds donc ce couloir !
pas de panique, résumons la situation : je suis seule ce soir, je vais pas jouer les comics-girl, j'ai laissé mes super-pouvoirs et ma panoplie au placard… juste à côté de mon peignoir.
merde ! c'est vrai, je suis à poil ! pas le moment de tomber sur le leur et de jouer les filles de l'air !
moment de p(ud)eur panique : que faire ?
envie de leur ratatiner la gueule à coups de batte… merde ?! où j'ai mis ma batte de base-ball ???… vaseuse.
idée super vaseuse, Agla, t'es gogol !
ils sont p't'être en bandes de plusieurs !!! je vais pas risquer de me faire démonter la tête par des tontons flingueurs ! n'importe quoi ! où t'as vu ça, Agla ?!? t'es pas dans un film, là !
t'as ni le physique ni le magnum de Calahan !… et t'es pacifiste, 'spèce d'âne ! rien ne colle dans ton scénar', t'es au radar !
… les flics !
faut que j'appelle les flics !
je m'approche de la fenêtre, toujours aussi à poil, hérissé, rien qu'à l'idée de me trouver nez à nez avec mes cambrioleurs… je tâte : pas de combiné.
p'tain, mais où il est ?!?
dans la chambre ! je l'ai laissé dans la chambre !… j'y retourne, à petits pas, en reculette, ne jamais tourner le dos à la fenêtre, j'sais pas pourquoi, mais ne jamais faire ça.
arrivée dans la chambre, à l'opposé du sud agité, je retrouve un peu de calme, mais incertain.
j'appelle les renseignements : mise en contact rapide avec le commissariat, s'il vous plaît !
le gars au téléphone lance à ses collègues "encore un cambriolage rue Villareal, encore un !!!
magnez-vous ! allez allez !!!".
… z'ont l'habitude, je suis pas parano, ça me rassure, solo un poquito.
attente.
par la porte entr'ouverte de la chambre, mon regard fixe le jardin, au travers de mon appart' plongé dans la pénombre.
dans la lueur des réverbères passant les stries des palissades, furtives et allongées, glissent des ombres !
trouillomètre à zéro ! mais boudiouz' de bordel deum' ! qu'est-ce qui foutent les zorros ?!?
à l'ardoise s'ajoute une once de peur… attente, longue.
l'oreille et l'œil aux aguets par paires, j'enfile des affaires, jean, tisheurte, tongs.
attente.
petite angoisse, "tiens, où sont les chattes ?!? sûrement terrées sous le lit ou sous le canapé, ces grosses flippées !"
BIDIBIDIP ! la sonnerie du téléphone me fait sursauter ! les flics : "on est dehors, rien à signaler".
je sors les remercier de s'être déplacé et leur souhaite la bonne nuitée, que je m'en vais tenter de parachever.
…
peine perdue, autant que le sommeil, d'main matin, dur dur que ça s'annonce, le réveil.
faites chier les cambrioleurs ! quelle idée de faire ça à des pas d'heure !!!
plutôt que de faire ça la nuit, faites ça en plein jour ! pourrez faire tout plein d'bruits, y'aura personne autour !
et puis foutu pour foutu, déjà détraquée du tic-tac, total foutraque, je me dis que c't'histoire à même pas dormir debout, j'me vais la narrer, parce qu'au final, elle est pas banale, et puis surtout, elle est un brin cocasse.
alors, j'suis là, pas reposée, mes valoches sous vos yeux et les miens, à m'la péter style alexandrins, alors que le petit matin est déjà bien loin… total, ma vieille Agla, t'es encore déglinguée, t'aurais mieux fait de dormir, pour la levée du corps, ça va être compliqué… 'spice di kounasse !
moralités :
- tant va la cruche à l'aube qu'à la fin elle est schlasse…
- les chats, pour te protéger, ça craint du boudin ! demain je file m'acheter un chien.
10:30 Publié dans piruetas | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : arsène lupin, toi aussi, tu crains du boudin







Commentaires
Je te me les aurais chopés par les oreilles ces p'tits branleurs moi ! Zou ! dans le bureau du directeur !
Ecrit par : Un justicier dans la ville | 22.08.2006
petits petits, ça c'est vite dit !
ça se trouve, c'était des Aliens de trois mètres de haut, et non pas des ouistitis !
ça se voit que t'étais pas à ma place, à walou dans mon salon,
à te demander c'qui s'passe, armée d'un tire-bouchon !
note bien, t'as raison, t'aurais eu l'air con.
Ecrit par : Agla | 22.08.2006
Ben c'est vrai que ça à l'air le genre de blaireaux à poignarder pour un regard ou une barette de shit…
N'empêche, j'aurais bien aimé me foutre de leur gueule, parce que ce sont tout, sauf des cambrioleurs. Minables… (ça me fait penser à la scène des Frères Pétard, le braquage lamentable du commissariat, mais en pas comique, plutôt pathétique)
"La seule arme qui m'intéresse, c'est le tire-bouchon." – Jean Carmet
Ecrit par : Un tire-bouchon dans la ville | 22.08.2006
carrément !
aaah ! cette scène mythique des Pétards au commissariat… et dire que j'avais les doublures chez moi, j'aurais dû dégainer stylo et papier à autographe plutôt que le tire-bouchmück !
et, oui, une pensée pour Carmet, grand pacifiste devant l'éternel.
(devant quiii ?)
besito en el culo.
Ecrit par : Agla-hahaha | 23.08.2006
hé bé dis donc tu as assuré.
Ecrit par : lina | 24.08.2006
tu trouves, Linette ? ptdr ! t'es trop gentille !
j'avais plutôt l'air d'une nouille !
vouloir sortir à oualpé avec ma batte de base-ball, que je savais même plus où elle était = nawak.
et finir avec le téléphone dans une main et une tire-bouchon dans l'autre en pensant que ça va les faire fuir à toutes gambas = total nawak…
huhuhu ! je viens de me trouver mon nom de super-héroïne : Super-Nawak ! mon arme : le fou rire qui tue !
"tatataâââ !!! Super-Nawak, justicière de la nuit, à la rescousse de la veuve et de l'orphelin, met hors d'état de nuire tous les malfrats… en les faisant se dilater la rate jusqu'à explosion ! redoutaaaaaableuu !"
top moumoute !
:D
Ecrit par : Agla | 24.08.2006
Agla, je suis sous le charme, piqué au vif, ta plume me fait du bien (...).
Sans rire, tu as du style cocotte, je vais continuer le voyage, dans le passé, tu es une compagne agréable, j'aime.
Ecrit par : franz | 26.08.2006
Agla poule à poils doux, pondeuse de bons œufs pour les amateurs de rires et glissades sur peaux de bananes de sa vie… et p't'être de la vôtre.
à partager !
Ecrit par : Agla-cotcotcodééé ! | 26.08.2006
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