19/01/2009

cadeaux

une bande de dingues retrouvée au concert de Rodolphe en décembre...

en cette période de fêtes, la Perichole d'Offenbach a attiré un public chic, mais un autre finira sous le choc... le public d'une soirée disco au Royal de la Boule [voir Nanterre et mourir] découvrira effectivement à quel point certains talents vocaux devraient se limiter au seul périmètre de leur salle-de-bains.

à l'occasion de cette virée nocturne improvisée pour fêter le joli concert de Rodolphe, le duo d'enfer constitué de l'amigo Paca et de moi-même interprétera un mémorable "besoin de rien envie de toi" que lui massacrera en en inversant les rimes et que je démolirais par une chorégraphie haletante et un micro foireux à force de jonglage, interprétation tellement mémorable que dans le public on entendit fuser quelques "... par contre, ils sont top délire !".

c'est indéniable... mais que cachait donc la première proposition ?

"ils sont méga moches/gros/cons [?]... par contre, ils sont top délire !".

 

pour le nouvel an, on prend les mêmes et on recommence.

des dingues, légèrement alcoolisés, lâchés autour d'une fondue bourguignonne de réveillon, ça donne :

"mais nan merde, l'est à moi c'bout de viande, vire ton pic !... et vos gages alacon style parade à poil dans le quartier, c'est dans ton cul !"

"arrêtez vos conneries, on va tous finir aux urgences, cramés au dernier degré !"

"bah, le plus dur à expliquer, ce sera quand même comment Paca a encore fini déguisé en Robert Smith et pourquoi le Q porte les talons en 36 d'une mamie morte".

Zeus merci, pas de catastrophe à l'horizon... et l'honneur eut quand même été sauf, Q n'avait pas encore arraché son slip à Arnito, qui lui n'avait pas encore montré ses boules et sa pine de noël.

"rien que le mojito à l'apéro, ça m'avait déjà un peu tapé sur le crâne", me dira-t-il au petit matin dans la voiture.

la nuit ne fut que swing, rires et chansons.

pourvu que ça dure.

 

une soirée at home avec l'Arnito, Hitchcock et son Rideau déchiré, qui n'était pas le seul...

"Gromek ?... un nom pareil, c'est pas possible !"

plus le Gromek nous disait son penchant pour les hot-dogs du temps où il vivait dans la 88e rue de NewYork, plus les blablas du vieux lent autochtone berçaient nos cœurs de rires par kilotonnes.

sans parler de cet instant mémorable où nous avons attrapé au vol des plans foireux dans la bande-annonce des bonus du dévédé : une splendide vue sur le plafond et les éclairages du studio sensé nous montrer un plan d'extérieur, et la version très boneyhémesque d'une chorégraphie d'opéra, costumes lamés et anachronisme compris.

 

ces moments passés avec des amis sont des cadeaux.

tiens, en parlant de cadeaux, en voici quelques uns offerts par l'Arnito, qui m'ont fait grand plaisir [GRAZIE !].

connaissant mon penchant pour les post-its, il m'en a ramené de Londres... géants, à pois, et spécial origami [j'ai enfin réussi à faire la grenouille !], je les adore.

et aussi, sa belle compilation musicale 2008, European Boy, en référence au tube de l'été partagé avec le Poussinou lors de notre séjour chez lui... je l'écoute en boucle.

fotokdo.jpg

j'ai hâte de retrouver tout ce petit monde le week-end prochain... fiesta at home, je sens que ça va swinguer.

 

15/01/2009

Bitch Time Party

j'avais un rendez-vous hier chez un client.

pink-casque.jpgpatron d'une jeune société de BTP qui bosse avec d'autres du ciné-tévé pour les parties techniques, il souhaite refaire sa charte graphique et plus si affinités.

entretien constructif, très sympa, détendu, ça va bien se passer, so to be continued.

sur le chemin du retour, ça m'a rappelé un événement cocasse de cette période où je travaillais pour ma propre agence de design graphique, il y a une demi-douzaine d'années.

 

ce jour-là aussi, j'avais rendez-vous avec un dirigeant d'une grande entreprise de BTP, avec lequel je travaillais souvent et pour lequel je devais faire là des photos du chantier de puits collecteur et tunnel réalisés en Ile-de-France dans le cadre de l'assainissement des eaux usées, un ouvrage extraordinaire de technicité selon les spécialistes du genre.

je me rends donc sur les lieux... mon interlocuteur, cadre très affairé, est à la bourre.

je l'attends tranquillement en faisant un petit tour sur le chantier, dont j'avais organisé l'événementiel d'inauguration quelques mois plus tôt avec les équipes des tunneliers géants qui allaient forer cet ouvrage spectaculaire... j'adore les gros engins* et j'avais envie de refaire quelques prises de vues de ces machines aux impressionnantes roues de dents capables de bouffer tous les sols possibles.

badgée, casque sur la tête, bottes aux pieds, je me ballade jusqu'au moment où mon interlocuteur m'appelle.

- bonjour Agla, où es-tu ?

- bonjour X... je suis à l'entrée du tunnel, devant ton gros engin.

- urfff... peux-tu remonter, s'il te plaît ?... il y a un changement sur le planning et j'ai un petit service à te demander.

- le temps de prendre l'ascenseur et je suis dans ton bureau dans 5 minutes.

 

le temps de prendre l'ascenseur et j'étais dans son bureau en 5 minutes.

- une délégation coréenne vient d'arriver.

- super.

playmobil.jpg- ce sont des ingénieurs qui viennent visiter nos chantiers et comparer nos technicités.

- cool.

- je n'ai donc pas le temps de faire le tour avec toi.

- c'est pas grave.

- et la traductrice est bloquée dans les embouteillages...

- c'balot.

- ...

- ?!?

- je te revaudrai ça.

 

ma première expérience de call-girl s'est déroulée à 80 mètres sous terre, avec une équipée sauvage de trente ingénieurs coréens hilares dans un petit-train** nous baladant au long des galeries d'un tunnel d'acheminement des eaux usées franciliennes.

coupe de champ' dans une main et appareil vidéo dans l'autre, pétés comme des coings, braillant comme des marsouins, n'écoutant pas un traître mot de mon piètre anglais technique aidé des commentaires savants de X, qui me regardait d'un œil amusé me faire mitrailler/filmer à leurs côtés, devant les machines, près des plans techniques, en groupes, seul à seul avec la "djoulie draducdrice, hihihi !", "cheeeese !", c'est la chenille qui redémaaarre...

quelques uns m'avaient même envoyé le lien des cyber-albums*** où j'ai pu revoir toutes les scènes au ralenti parmi des vues du pique-nique familial, de voyages à l'étranger, du petit dernier, de la bécane à Yul... ça a tourné longtemps auprès de leurs collègues et proches.

à l'instar de Mireille Mathieu, j'ai eu mon moment de gloire en Asie.

 

*oui.

** le promène-couillon de Montmartre à côté, c'est le banc du premier rang de l'Académie française.

*** no way... pas même sous la torture.

12/01/2009

voir plus clair

lunettes.jpgje viens d'avoir des lunettes.

un bon nombre d'années passées devant des écrans, des inflammations répétées liées à la polyarthrite et ma vue a rapidement baissé.

elles sont très jolies, les trois paires... je les ai choisie avec soin, aidée d'Arnito.

n'en ayant jamais eu, je redoutais qu'elles me gênent mais je m'y fais très bien... le bonustrack, c'est que tout le monde me dit qu'elles me vont très bien, j'en suis ravie.

et surtout, j'y vois plus clair.

alors j'en profite pour ouvrir les yeux, et regarder.

n'ayant plus de voiture depuis un moment, je reprends les transports et j'observe les gens... c'est passionnant.

tout ça m'a donné envie de bouger plus, de voir du monde, de voir le monde.

 

à commencer au cinéma !

vus cette semaine :

oeil-mal.jpgl'Oeil du mal, de D.J. Caruso avec ce jeune acteur tout mignon et talentueux qui a un nom imbitable... ah oui, Shia LaBeouf [encore un qui pourrait gagner un procès contre ses vieux].

ça va à toutes berzingues, on débande pas une seconde, c'est rythmé, ça dépote, alors avis aux amateurs de speederies... pour ma part, le scénar' bon au départ prend la flotte quand on découvre que... et puis aussi lorsque... bon, on s'en cogne, je ne suis pas critique de cinoche et surtout, je ne vais pas vous dévoiler la fin du flim, ce serait balot.

mais bon globalement, ça se tient et on passe un bon moment.

* * *

che.jpgChe, 1ère partie - l'Argentin, de Steven Soderbergh, avec Benicio del Toro, dit "la vache putain sa race l'enfoiré carajo de puto cabron EL Benicio, DON Benicio, mais qu'il est boooooon !", artistiquement parlant bien sûr.

j'ai eu mes vapeurs pendant 2 heures... merci Steven, vivement la suite à la fin du mois.

en bref : c'est pas pour rien que THE Benicio a eu le prix d'interprétation à Cannes... et perso, sa prestation d'acteur est d'autant plus à saluer qu'il s'est fait tout le tournage en espagnol, por favor señores y señoras, avec un accent argentino qu'il n'a pas travaillé de gauchos à droite, non, mais très très sérieusement, aidée d'une prof  [bitch ! pourquoi c'était pas moi, pourquoi ?!] tout au long de ces mois de labeur acharné, couvert de sueur dans cette moiteur tropicale qui devait indécemment mouler ses vêtements et mettre en exergue ses... sa... son énorme talent.

quand je l'entends dire, lors de son allocution à l'ONU, "déjeme decirle, aún a costa de parecer ridículo, que el verdadero revolucionario está guiado por grandes sentimientos de amor... es imposible pensar en un auténtico revolucionario sin esta cualidad"*, j'ai envie de me faire la baie des Cochonnes.

sur le plan historico-scénaristique, on suit les entrées-sorties-retrouvailles des personnages [principe de guérilla : réunion-dispersion-combat-ralliement au point de rendez-vous-etc.] et la chronologie typographiée sur les plans d'introduction aux différentes phases aide à tenir le rythme et comprendre comment les révolutionnaires ont réussi à prendre jusqu'à la Havane, et ainsi gagner la bataille contre le gouvernement de Batista, car "la Révolution ne fait que commencer" dixit le personnage de Fidel Castro, épatant lui aussi.

che-thumb.jpgau fait, savez-vous pourquoi le docteur Ernesto Guevara de la Serna a-t-il été surnommé "Che" par ses compagnons cubains ?

les argentins ont ce petit particularisme linguistique de dire "che" à chaque bout de phrase, comme on dirait "hein/euh/hé/p'tain//t'vois/quoi/mon pote"... ça lui est resté.

well, to be continued... j'attends donc la suite avec impatience.

*laissez-moi vous dire, au risque de paraître ridicule, que le vrai révolutionnaire est guidé par de grands sentiments d'amour... il est impensable d'imaginer un authentique révolutionnaire sans cette qualité - Ernesto Che Guevara.

* * *

frozen river.jpgFrozen River, de Courtney Hunt, avec Melissa Leo et Misty Upham.

que dire... à part que ça fait froid dans le dos.

Quentin Tarantino en dit que c'est le plus terrifiant thriller vu depuis longtemps, ou un truc dans le genre.

à l'instar de l'Arnito, je n'ai pas trouvé ça exact... après réflexion, je me dis que ce qui est terrifiant ne tient pas dans l'aspect thrilleresque, mais bien plutôt dans le fait que ce film ressemble à un documentaire.

une caméra sèche, réaliste, parfois brusque, une caméra anti-esthétisante, un point de vue sans jugement ou presque... la réalisatrice suit le quotidien d'américains low-class, paumés, qui courent après l'argent pour survivre, ceux qui n'ont plus rien à bouffer que du pop-corn et du tang et ont d'immenses écrans plasmas en loc-achat.

encore une fois, la caméra ne les juge pas, elle les suit dans leur chute... celle de deux femmes vivant près d'une frontière hautement symbolique, en marge d'une société qui les a oubliées.

ou comment deux mères de famille, seules contre tout, deviennent hors la loi... mais aussi amies.

au bout du bout d'une existence qu'on croit inexorablement embourbée dans une merde aussi gelée que leurs sentiments semblent sommeiller dans les profondeurs des eaux noires de la rivière glacée qu'elles empruntent pour franchir toutes frontières, une douce chaleur apparaît, une petite musique, l'espoir d'un monde où les Hommes seraient Hommes.

inutile de préciser que j'ai pleuré comme un bas de laine.

des films commass, j'en veux encore et encore.

* * *

feel-good.jpgquelque chose me dit que je devrais trouver mon bonheur cinéphilique en allant bientôt voir ceux-là...

I feel good, ou comment une tripotée d'octogénaires te fout la patata pour un bon moment !

moscou-belgium.jpgMoscou, Belgium, ou plonge deux célibataires dans l'amour et t'auras la frite aussi.

 

maintenant, c'est à vous de voir !

11/01/2009

Goo2oo9 !

belle route à vous !

 

2009-4.jpg