06.09.2007
ponctuation radiale
[à Tidom, qui aime aussi ces musiques]
Beirut - Mount Wroclai // Ederlezi, Goran Bregovic cover // Elephant gun
étonnant de voir des connexions entre ceux que l'on aime, qu'on croyait étrangers l'un à l'autre… jolie surprise.
sous le soleil
rien
particules, hier
du nouveau
de ma vue
soleil
de mes vies
j'improvise l'art
d'être
à part, ça.
à la renverse
bouleverse et traverse
la vie
dans tous
mes états
les leurs
l'étrangeté
de leur vie
à part, ça.
glissements
deux
terrains
ensemble
deux
mains
plusieurs
foi
tangente
ne pas
partir
racines emmenées
allées
loin.
à part, ça
va
je v[a]is
je vois
bien
23:45 Publié dans CréAgla, mots/maux | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
| Tags : musica, musique, en, vie, radiations…Beirut |
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30.08.2006
j'aime/j'aime pas
sourire / avoir la même face de rat que le croque-mort dans Lucky Luke
sautiller sur mes ziques / crapouiter la queue de Nena à ce moment-là
le FA de mon didgeridoo / ne pas avoir trouvé la respiration circulaire
la truffe de Lulu plantée dedans quand je joue / ne pas avoir envie de jouer
les vibrations intenses de mon didge / sortir un son foireeeux d'sa race !
…
aller mieux / ne pas y croire encore assez.
besos
09:15 Publié dans j'aime/j'aime pas | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : mes, débuts, en, didgeridoo, …, pas mal :) |
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27.08.2006
in-hospitalité - 2
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13h23.
après l'IRM, je dois passer des radios.
tout mon squelette, presque, os pourris, je me maudis.
j'attends.
je boite, je m'asseois, je clope,
je me lève, je boite, je clope.
je me repasse le film de cette matinée inhospitalière.
ralentis.
accélérés.
travelling…
arriver à 8h00, être à jeun, m'installer en hôpital de jour, parler avec le médecin du service, bilan, chercher dans mes souvenirs inexacts quand ça a mal commencé, quand elle est arrivée…
plusieurs lentes années maintenant, premier traitement devenu inefficace.
la douleur et la maladie, accoutumées à cette chimie, gagnent du terrain, me dépassent d'une longueur dans la course contre la montre, queue de poisson, appuyer sur l'accélérateur, doubler, reprendre la tête, passer la seconde, obligé, les moteurs rugissent, bruits de freins à main dans les virages, violence des accélérations, picotements, frissons, sueurs, froides, mal au cœur, nausées, va-et viens entre le ventre, la gorge, un flot amer y brûle, entre-chocs métalliques, avant-arrière, zoom sur le mur, clash, il s'approche, ça va trop vite, peur du crash à venir, sang, douleur.
sur le bord de la route, au loin, une voix sourde, je ne l'entends pas, trop de bruits, ça va trop vite.
je quitte la bande de bitume, je nettoie le son, j'efface les pensées parasites, je recolle à la piste.
j'entends la voix.
elle me dit que passer à la vitesse supérieure ne sera pas vraiment pénible, que le risque d'autres maladies m'assurera un meilleur confort de vie dans la maladie, que dans cette phrase-là, il n'y a pas de paradoxe, ou que s'il y en a un, je dois l'accepter, pas le choix.
contrôler les risques, surveiller, examiner, apprendre à vivre avec, toujours contrôler pour ne pas s'angoisser, pour ne pas avoir mal, éviter les effets secondaires, limiter les dégâts collatéraux, anticiper, parer, garde levée, esquiver les coups bas pour gagner le combat.
…
Les ailes de la Rolls effleuraient les pylônes…
07:40 Publié dans mots/maux | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
| Tags : quotidien, en, maladie |
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19.08.2006
(pause)
pharmacie - aller acheter le nouveau traitement - pas envie - obligation.
18:50 Publié dans mots/maux | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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in-hospitalité - 1
12h37.
j'attends.
assise dans la salle d'attente du service de radiologie, je vais passer un IRM.
je ne sais plus ce que signifie cet acronyme, je sais juste que ça permet de mieux ausculter mes os qu'une radiographie, que je dois quand même faire après : pieds, bassin, poumons, mains, poignets.
exploration des articulations du pantin.
dans deux minutes, je vais passer dans le tunnel de l'IRM pour le poignet droit, celui qui est douloureux aujourd'hui.
je ne sais plus comment ça va se passer.
je crois que j'en ai déjà passer un, mais je ne me souviens pas, je crois.
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13h18.
étonnant.
envie de pleurer ou de sourire, je suis partagée, insaisissable double je, encore.
c'était étrangement agréable.
allongée sur le ventre, sur la planche étroite qui coulisse dans le tunnel, le poignet pris dans une boîte, des poids stabilisant mon bras droit posé au-dessus de ma tête.
le long de mon corps, l'autre bras, celui piqué d'un cathéter d'où sort un gros tube, à moitié rouge du reflux de mon sang, au bout duquel pend une grosse seringue contenant le produit qu'on m'injecte dans les veines dans le 2e temps de cet examen.
allongée sur le ventre, sur la planche étroite qui coulisse dans le tunnel, j'entends.
la salle est toujours bruyante, des bips, tilts, grondements, rythmes étranges, ondes profondes résonnent en boucle, et dans le tunnel amplifiant cette angoisse phonique, soudain, d'autres bruits, d'autres angoisses.
ça monte, secoue, tremble, agite ma tête, mon corps, flux et reflux, ressacs, les sacs lourds écrasent mon bras, ma main, les engourdit, les refroidit, oreilles cerveau sens agressés, stridences, grondements, lames de fond déchirant le silence absent.
et peu à peu… une musique.
une musique se compose dans ma tête, je compose une musique dans ma tête.
j'ai envie de pleurer.
pas à cause de la douleur, ni de la position, inconfortable, ni de la fatigue, peu dormi cette nuit, celle d'avant, celles de toujours; non, pas à cause de ce qui aurait déjà dû me faire craquer.
j'ai envie de pleurer parce que c'est beau.
au tournis de ma vie, agréable surprise, symphonie bordélique.
je me dis à cet instant "je pense que les compositeurs de musique industrielle ont dû passer un IRM une fois dans leur vie".
crétin… je me ravise.
suffit d'ouvrir ses oreilles pour entendre, oui, de tous les quotidiens surgissent des symphonies.
mais je me trouve une parade, à moi, la sourde du quotidien : l'ambiance, le contexte, les sens sollicités à l'extrême rendent perceptibles, soulignent ce que l'on ne voit, n'entend, ne comprends, ne ressent pas au quotidien.
j'attends.
18:45 Publié dans mots/maux | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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