27.09.2006
sang titre

je n'ai rien. je respire. plus de tourment.
mes analyses sont arrivées… négatives,
le soulagement est proportionnel au stress.
pourvu que ça dure, que mon état se stabilise
et que le traitement soit efficace, putain de prouesse !
des bouteilles de champ' m'attendent au frigo
je boirais la coupe jusqu'à la lie, ya esta bueno.
pas de mélange avec le traitement ?
et mon cul, c'est de la volaille ?
assez de contraintes, place au plaisir ! Aye !
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27.08.2006
in-hospitalité - 2
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13h23.
après l'IRM, je dois passer des radios.
tout mon squelette, presque, os pourris, je me maudis.
j'attends.
je boite, je m'asseois, je clope,
je me lève, je boite, je clope.
je me repasse le film de cette matinée inhospitalière.
ralentis.
accélérés.
travelling…
arriver à 8h00, être à jeun, m'installer en hôpital de jour, parler avec le médecin du service, bilan, chercher dans mes souvenirs inexacts quand ça a mal commencé, quand elle est arrivée…
plusieurs lentes années maintenant, premier traitement devenu inefficace.
la douleur et la maladie, accoutumées à cette chimie, gagnent du terrain, me dépassent d'une longueur dans la course contre la montre, queue de poisson, appuyer sur l'accélérateur, doubler, reprendre la tête, passer la seconde, obligé, les moteurs rugissent, bruits de freins à main dans les virages, violence des accélérations, picotements, frissons, sueurs, froides, mal au cœur, nausées, va-et viens entre le ventre, la gorge, un flot amer y brûle, entre-chocs métalliques, avant-arrière, zoom sur le mur, clash, il s'approche, ça va trop vite, peur du crash à venir, sang, douleur.
sur le bord de la route, au loin, une voix sourde, je ne l'entends pas, trop de bruits, ça va trop vite.
je quitte la bande de bitume, je nettoie le son, j'efface les pensées parasites, je recolle à la piste.
j'entends la voix.
elle me dit que passer à la vitesse supérieure ne sera pas vraiment pénible, que le risque d'autres maladies m'assurera un meilleur confort de vie dans la maladie, que dans cette phrase-là, il n'y a pas de paradoxe, ou que s'il y en a un, je dois l'accepter, pas le choix.
contrôler les risques, surveiller, examiner, apprendre à vivre avec, toujours contrôler pour ne pas s'angoisser, pour ne pas avoir mal, éviter les effets secondaires, limiter les dégâts collatéraux, anticiper, parer, garde levée, esquiver les coups bas pour gagner le combat.
…
Les ailes de la Rolls effleuraient les pylônes…
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19.08.2006
(pause)
pharmacie - aller acheter le nouveau traitement - pas envie - obligation.
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in-hospitalité - 1
12h37.
j'attends.
assise dans la salle d'attente du service de radiologie, je vais passer un IRM.
je ne sais plus ce que signifie cet acronyme, je sais juste que ça permet de mieux ausculter mes os qu'une radiographie, que je dois quand même faire après : pieds, bassin, poumons, mains, poignets.
exploration des articulations du pantin.
dans deux minutes, je vais passer dans le tunnel de l'IRM pour le poignet droit, celui qui est douloureux aujourd'hui.
je ne sais plus comment ça va se passer.
je crois que j'en ai déjà passer un, mais je ne me souviens pas, je crois.
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13h18.
étonnant.
envie de pleurer ou de sourire, je suis partagée, insaisissable double je, encore.
c'était étrangement agréable.
allongée sur le ventre, sur la planche étroite qui coulisse dans le tunnel, le poignet pris dans une boîte, des poids stabilisant mon bras droit posé au-dessus de ma tête.
le long de mon corps, l'autre bras, celui piqué d'un cathéter d'où sort un gros tube, à moitié rouge du reflux de mon sang, au bout duquel pend une grosse seringue contenant le produit qu'on m'injecte dans les veines dans le 2e temps de cet examen.
allongée sur le ventre, sur la planche étroite qui coulisse dans le tunnel, j'entends.
la salle est toujours bruyante, des bips, tilts, grondements, rythmes étranges, ondes profondes résonnent en boucle, et dans le tunnel amplifiant cette angoisse phonique, soudain, d'autres bruits, d'autres angoisses.
ça monte, secoue, tremble, agite ma tête, mon corps, flux et reflux, ressacs, les sacs lourds écrasent mon bras, ma main, les engourdit, les refroidit, oreilles cerveau sens agressés, stridences, grondements, lames de fond déchirant le silence absent.
et peu à peu… une musique.
une musique se compose dans ma tête, je compose une musique dans ma tête.
j'ai envie de pleurer.
pas à cause de la douleur, ni de la position, inconfortable, ni de la fatigue, peu dormi cette nuit, celle d'avant, celles de toujours; non, pas à cause de ce qui aurait déjà dû me faire craquer.
j'ai envie de pleurer parce que c'est beau.
au tournis de ma vie, agréable surprise, symphonie bordélique.
je me dis à cet instant "je pense que les compositeurs de musique industrielle ont dû passer un IRM une fois dans leur vie".
crétin… je me ravise.
suffit d'ouvrir ses oreilles pour entendre, oui, de tous les quotidiens surgissent des symphonies.
mais je me trouve une parade, à moi, la sourde du quotidien : l'ambiance, le contexte, les sens sollicités à l'extrême rendent perceptibles, soulignent ce que l'on ne voit, n'entend, ne comprends, ne ressent pas au quotidien.
j'attends.
18:45 Publié dans mots/maux | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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