31.03.2007
céréale killer
plantement de la décoritude :
ouverture piano-jazz sur un intérieur "luxe calme et volupté"… chaleur d'une ambiance feutrée par la lumière des bougies et la multitude de candelabres Charles-Mouloud IV en or 123 carats plongeant le loft dans des tonalités veloutées, émerveillement des sens à la suave senteur des fragments d'encens de Jordanie crépitant dans le petit brûloir style Landru, juste à côté des statues grecques en stuc stouques en stock, tout près des somptueuses tentures de velours bleu dans lesquelles Napoléon III se mouchait, certifiées "Vu à la télé - made in India"… l'ambiance idéale, même sans la peau de viscose devant la cheminée, sur laquelle votre dévouée se serait volontiers étendue ce soir avant de s'écrier "mais bordel eud'merde ! qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire j'ai pas envie de sortir ça caille too much et jm'emmerde comme un eunuque au Lido".
…
- 840 grs de pain et gâteaux secs![]()
- 160 grs de sucre cassonade
- 3 sachets de sucre vanillé
- 200 ml de lait de coco
- 750 ml de lait entier
- 75 ml de lait concentré sucré
- 6 œufs frais
- 120 grs de poudre d'amande
- 150 grs de cacao pur
- 2 gousses de vanille![]()
- un régime de dattes
- 2 cuillères de 4 épices [gingembre, girofle, muscade, cannelle]
2 heures de cuisson à 160° plus tard…
un splendide chocolate&spice pudding de 2,990 kg qui pourrait nourrir le Burkina-Faso pour un an ou au moins deux texans un soir de SuperBowl.
je crois que ma soudaine envie de faire un peu de cuisine a été motivée par la vision de ce clip humanitaire… c'que c'est chrétien !
m'est avis que la seule catastrophe qui pend au nez des stanbouliotes et angelins, c'est de se prendre mon mastard pudding sur le coin de la tronche… quoique, z'auraient au moins de quoi survivre 3 ans sous les décombres.
ami diabétiq… [oups… paix à ton âme]
ami au régim… [dégage !]
ami à la digestion difficile,
pour éliminer l'excédent de glucose que tu viens de t'infliger par intra-oculaire rien qu'en lisant ma recette, fais donc un peu de sport… il est toujours bénéfique de faire fonctionner ses muscles.
surtout les abdos.
à l'instar des karatékas KO*, j'étais dans le choco's kloug quand Anouchka m'a envoyé cet attentat au silence, dont mes zygomatiques se remettent difficilement… et les oreilles qui traînaient dans le coin aussi [ami des RG, bien fait pour ta gueule].
sans nouvelles de mes chattes depuis…
"ffffrrrrr ffrrr mewww !"["merci la copine !"] disent les dessous de meubles.
les oreilles tout pareillement agressées, mes voisins sont maintenant à deux doigts de porter plainte pour tapin nocturne à cause de putains d'explosions de rire Tony Truand.
[j'ai goûté mon pudding : dé-li-cieux… demain, je continue à sévir in the kitchen : cake thon-tomate-oignons nouveaux / cassole de haricots noirs et blancs œil-noir au cumin / rôti de porc aux poivrons sauce blanc d'ail rose… 100% light]
[* il s'agit d'un casting pour un film tombé aux oubliettes… étonnant]
01:40 Publié dans piruetas | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
| Tags : l'humanitaire au, quotidien, christmas pudding de Pâques, karatéka KO, "se débarrasser d'un diabétique en 2 coups de cuillère à kloug |
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27.08.2006
in-hospitalité - 2
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13h23.
après l'IRM, je dois passer des radios.
tout mon squelette, presque, os pourris, je me maudis.
j'attends.
je boite, je m'asseois, je clope,
je me lève, je boite, je clope.
je me repasse le film de cette matinée inhospitalière.
ralentis.
accélérés.
travelling…
arriver à 8h00, être à jeun, m'installer en hôpital de jour, parler avec le médecin du service, bilan, chercher dans mes souvenirs inexacts quand ça a mal commencé, quand elle est arrivée…
plusieurs lentes années maintenant, premier traitement devenu inefficace.
la douleur et la maladie, accoutumées à cette chimie, gagnent du terrain, me dépassent d'une longueur dans la course contre la montre, queue de poisson, appuyer sur l'accélérateur, doubler, reprendre la tête, passer la seconde, obligé, les moteurs rugissent, bruits de freins à main dans les virages, violence des accélérations, picotements, frissons, sueurs, froides, mal au cœur, nausées, va-et viens entre le ventre, la gorge, un flot amer y brûle, entre-chocs métalliques, avant-arrière, zoom sur le mur, clash, il s'approche, ça va trop vite, peur du crash à venir, sang, douleur.
sur le bord de la route, au loin, une voix sourde, je ne l'entends pas, trop de bruits, ça va trop vite.
je quitte la bande de bitume, je nettoie le son, j'efface les pensées parasites, je recolle à la piste.
j'entends la voix.
elle me dit que passer à la vitesse supérieure ne sera pas vraiment pénible, que le risque d'autres maladies m'assurera un meilleur confort de vie dans la maladie, que dans cette phrase-là, il n'y a pas de paradoxe, ou que s'il y en a un, je dois l'accepter, pas le choix.
contrôler les risques, surveiller, examiner, apprendre à vivre avec, toujours contrôler pour ne pas s'angoisser, pour ne pas avoir mal, éviter les effets secondaires, limiter les dégâts collatéraux, anticiper, parer, garde levée, esquiver les coups bas pour gagner le combat.
…
Les ailes de la Rolls effleuraient les pylônes…
07:40 Publié dans mots/maux | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
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19.08.2006
(pause)
pharmacie - aller acheter le nouveau traitement - pas envie - obligation.
18:50 Publié dans mots/maux | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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in-hospitalité - 1
12h37.
j'attends.
assise dans la salle d'attente du service de radiologie, je vais passer un IRM.
je ne sais plus ce que signifie cet acronyme, je sais juste que ça permet de mieux ausculter mes os qu'une radiographie, que je dois quand même faire après : pieds, bassin, poumons, mains, poignets.
exploration des articulations du pantin.
dans deux minutes, je vais passer dans le tunnel de l'IRM pour le poignet droit, celui qui est douloureux aujourd'hui.
je ne sais plus comment ça va se passer.
je crois que j'en ai déjà passer un, mais je ne me souviens pas, je crois.
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13h18.
étonnant.
envie de pleurer ou de sourire, je suis partagée, insaisissable double je, encore.
c'était étrangement agréable.
allongée sur le ventre, sur la planche étroite qui coulisse dans le tunnel, le poignet pris dans une boîte, des poids stabilisant mon bras droit posé au-dessus de ma tête.
le long de mon corps, l'autre bras, celui piqué d'un cathéter d'où sort un gros tube, à moitié rouge du reflux de mon sang, au bout duquel pend une grosse seringue contenant le produit qu'on m'injecte dans les veines dans le 2e temps de cet examen.
allongée sur le ventre, sur la planche étroite qui coulisse dans le tunnel, j'entends.
la salle est toujours bruyante, des bips, tilts, grondements, rythmes étranges, ondes profondes résonnent en boucle, et dans le tunnel amplifiant cette angoisse phonique, soudain, d'autres bruits, d'autres angoisses.
ça monte, secoue, tremble, agite ma tête, mon corps, flux et reflux, ressacs, les sacs lourds écrasent mon bras, ma main, les engourdit, les refroidit, oreilles cerveau sens agressés, stridences, grondements, lames de fond déchirant le silence absent.
et peu à peu… une musique.
une musique se compose dans ma tête, je compose une musique dans ma tête.
j'ai envie de pleurer.
pas à cause de la douleur, ni de la position, inconfortable, ni de la fatigue, peu dormi cette nuit, celle d'avant, celles de toujours; non, pas à cause de ce qui aurait déjà dû me faire craquer.
j'ai envie de pleurer parce que c'est beau.
au tournis de ma vie, agréable surprise, symphonie bordélique.
je me dis à cet instant "je pense que les compositeurs de musique industrielle ont dû passer un IRM une fois dans leur vie".
crétin… je me ravise.
suffit d'ouvrir ses oreilles pour entendre, oui, de tous les quotidiens surgissent des symphonies.
mais je me trouve une parade, à moi, la sourde du quotidien : l'ambiance, le contexte, les sens sollicités à l'extrême rendent perceptibles, soulignent ce que l'on ne voit, n'entend, ne comprends, ne ressent pas au quotidien.
j'attends.
18:45 Publié dans mots/maux | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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